Cybercriminalité : une amitié brisée dégénère en diffamation sur les réseaux sociaux

Une brouille entre deux femmes exerçant dans le domaine de la médecine traditionnelle a débouché sur une affaire de cyberharcèlement et de diffamation sur TikTok. Saisie par l’une des victimes, la Police de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) a interpellé plusieurs personnes mises en cause dans cette affaire.

Une amitié née autour d’activités professionnelles communes s’est finalement transformée en conflit exposé sur les réseaux sociaux. En cause, des accusations publiques, des injures et des vidéos diffusées sur TikTok, mettant en cause l’honneur et la réputation d’une praticienne de la médecine traditionnelle et de sa sœur.

L’affaire trouve son origine dans la rencontre entre K.Z., qui exerce dans la médecine traditionnelle, et S.A., une chanteuse sollicitée par la première pour animer des cérémonies promotionnelles. Les deux femmes nouent rapidement des liens d’amitié.

Mais leur relation se détériore lorsque S.A. se lance à son tour dans le même domaine d’activité. Si K.Z. accueille d’abord favorablement cette initiative, elle déchante en constatant que plusieurs de ses disciples rejoignent son ancienne amie. Cette situation provoque des tensions, puis la rupture de leur amitié.

Des accusations diffusées sur TikTok

Quelque temps après leur séparation, K.Z. découvre, lors d’une navigation sur TikTok, un direct au cours duquel des proches de son ancienne amie tiennent à son encontre des propos injurieux et dénigrants. En consultant le compte de l’un des intervenants, elle découvre plusieurs vidéos dans lesquelles elle est directement mise en cause.

Estimant être victime de harcèlement et de diffamation en ligne, elle décide de saisir la Police de lutte contre la cybercriminalité (PLCC). Avec l’assistance des agents, elle entreprend les démarches nécessaires au dépôt de sa plainte. Une enquête est alors ouverte et aboutit à l’interpellation de plusieurs personnes, identifiées sous les initiales S.A., K.R., M.K., S.A. et F.K.

Une riposte sans preuves

Au cours de son audition, F.K. reconnaît être l’auteur des directs et des vidéos visant K.Z. et sa sœur. Pour justifier ses agissements, il affirme avoir appris que la praticienne aurait payé trois influenceurs établis à l’étranger pour s’en prendre à lui et aux membres de son groupe.

Il explique avoir organisé ces directs en représailles à ces attaques présumées. À cette occasion, il aurait diffusé les photographies des deux femmes, en les accusant notamment d’être lesbiennes.

Interrogé sur les éléments susceptibles de confirmer ses accusations, F.K. reconnaît toutefois ne disposer d’aucune preuve établissant que K.Z. serait à l’origine des publications incriminées. Il admet également ne détenir aucun élément permettant d’étayer ses propos sur l’orientation sexuelle des deux femmes. Il attribue ses agissements à la colère. Les autres personnes mises en cause font, selon le récit de la PLCC, des déclarations allant dans le même sens.

La justice saisie de l’affaire

À l’issue de l’enquête, les mis en cause sont présentés au parquet pour des faits présumés de diffamation, d’atteinte à l’image et à l’honneur, d’injures et de menaces au moyen d’un système d’information. Ces faits relèvent notamment du cadre juridique défini par la loi n° 2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité.

Cette affaire rappelle que les réseaux sociaux ne constituent pas une zone de non-droit. Les publications en ligne peuvent engager la responsabilité de leurs auteurs lorsqu’elles portent atteinte à l’honneur ou à la réputation d’autrui. Derrière les vidéos, les directs et les accusations diffusées pour attirer l’attention des internautes, les conséquences peuvent être bien réelles pour les personnes visées.

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