Face aux quelque 20 000 nouveaux cas de cancer enregistrés chaque année en Côte d’Ivoire, Nassalatou Diaby appelle l’État à renforcer la prise en charge des malades, à l’image du dispositif mis en place pour les personnes vivant avec le VIH. Ce plaidoyer a été lancé le samedi 17 octobre 2026, à Yopougon, à l’occasion d’une mobilisation de l’AFCOM-UA dans le cadre d’Octobre Rose.
La prise en charge financière des personnes atteintes du cancer constitue une préoccupation majeure de santé publique en Côte d’Ivoire. Nassalatou Diaby, deuxième adjointe au maire de Yopougon et troisième vice-gouverneur du district autonome d’Abidjan, a appelé l’État à garantir un meilleur accès aux soins aux malades, notamment aux femmes atteintes du cancer du sein.

Représentant le député-maire Adama Bictogo, elle a lancé cet appel lors de la 7ᵉ édition des activités de l’Association des Femmes des Communautés de l’Union Africaine (AFCOM-UA), organisée à la Place de l’Indépendance de Yopougon, dans le cadre d’Octobre Rose.
Selon le ministère de la Santé, en Côte d’Ivoire environ 20 000 à 21 000 nouveaux cas de cancer sont détectés chaque année, tous types confondus, pour près de 14 000 décès annuels. Le cancer du sein représente à lui seul environ 5 000 nouveaux cas par an. À ces chiffres s’ajoute le diagnostic souvent tardif de la maladie, qui réduit les chances de guérison.
Face à cette situation, Nassalatou Diaby, par ailleurs vice-gouverneur du district d’Abidjan, plaide pour un mécanisme de prise en charge à la hauteur des besoins des patients. « De cette même manière, je demande à l’État de Côte d’Ivoire, en tant que femme, en tant que mère, de prendre aussi en charge les femmes atteintes du cancer du sein », a-t-elle déclaré, faisant référence au dispositif de prise en charge des personnes vivant avec le VIH.

Pour étayer son plaidoyer, elle a évoqué le cas de jeunes filles dépistées, mais contraintes de retourner au village faute de moyens financiers pour poursuivre leurs soins. Une situation qui illustre, selon elle, les conséquences de la précarité sur le parcours thérapeutique des malades.
« Évitons la mort aux femmes », a-t-elle exhorté, appelant à faire de l’accès aux soins une priorité. Elle a également invité les femmes à dépasser la peur du dépistage, rappelant que la détection précoce améliore les chances de guérison.
Cette initiative de Ramata Samaké épouse Doumbia, Présidente-fondatrice de l’association, a été marquée par une séance de fitness collective et une sensibilisation animée par la sage-femme N’Guessan Kouadio sur les risques du cancer du sein, l’autopalpation et l’importance du dépistage.
À travers ce plaidoyer, Nassalatou Diaby pose la question de l’équité dans l’accès aux soins et de la solidarité nationale envers les personnes atteintes du cancer. Au-delà de la sensibilisation, elle appelle à des mesures concrètes pour que les difficultés financières ne constituent plus un obstacle à la prise en charge et à la survie des malades.