Yopougon, surnommée Yop City ou Poy, est l’une des 15 communes du district d’Abidjan.
Avec une population de 1 071 543 habitants en 20142, Yopougon est la plus grande commune, non seulement de la capitale économique ivoirienne, mais aussi du pays. Réputée pour son ambiance populaire et ses nombreux maquis, Yopougon joue un rôle important dans la vie d’Abidjan, en tant que quartier résidentiel mais aussi industriel. Elle compte en effet deux zones industrielles et recevra bientôt l’extension du port autonome d’Abidjan.
Elle se situe entre la forêt du Banco et la lagune Ébrié, à l’ouest dans la zone géographique d’Abidjan nord, un peu excentrée.
La commune est aussi connue pour ses nombreux quartiers précaires tels que « Sicobois » ou « Yao Sehi », qui contrastent avec les quartiers résidentiels d’appartements et de maisons basses (Sicogi, Sogefiha).
Elle est la commune la plus « ivoirienne » d’Abidjan (à peine 8,8 % de non-Ivoiriens alors que la moyenne abidjanaise est de 22,4 %),
On trouve également sur le territoire de cette commune l’institut Pasteur de Côte d’Ivoire, le siège du CNRA, le Centre suisse de recherches scientifiques3, un CHU, l’Institut des aveugles, la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), la centrale électrique d’Azito (la plus importante du pays), et l’ile Boulay.
La commune est traversée par l’autoroute du Nord ainsi que par la route de Dabou, qui continue jusqu’à San Pédro et la frontière du Libéria. L’accès à cette route devrait être facilité par le nouveau pont en construction qui reliera directement le sud de Yopougon au boulevard lagunaire du Plateau.
Histoire
Yopougon signifie : « champs de Yopou », du nom d’un patriarche qui aurait par générosité contribué au développement de cette commune.
Dans les décennies qui ont suivi l’établissement d’Abidjan en tant que capitale, des zones d’habitation anarchiques s’établissent sur ce qui est alors appelé « plateau du Banco » ; elles seront rasées par la suite pour faire place au projet d’urbanisation formelle.
À partir de la fin des années 1960, des projets urbanistiques planifient une extension de la ville d’Abidjan à l’ouest du Plateau, traversée par l’autoroute et organisée comme une « ville nouvelle », entre la zone industrielle (inaugurée en 1972) et l’extension du port d’Abidjan (toujours en projet).
Dans l’esprit des planificateurs, il s’agissait d’une périphérie encadrée, à la fois sur le modèle de la banlieue résidentielle que sur le modèle de la « ville nouvelle » alors à la mode notamment en France, devant accueillir une certaine classe moyenne tout en comptant de nombreux logements sociaux pour des populations plus modestes. Le plan comprend une série de différents quartiers structurés dotés chacun de leur propre centre.
Un des objectifs de Yopougon était de remédier aux déséquilibres d’Abidjan en tant que ville où la plupart des emplois industriels et de service étaient concentrés dans le sud de la ville (Vridi, Treichville, Port-Bouët), alors que la classe ouvrière et l’extension générale de l’habitat se faisait au nord (Adjamé, Abobo, Cocody et ses extensions de Riviera, Angré, Palmeraie…) Yopougon offrait donc non seulement des logements pour la population croissante mais aussi un véritable marché de l’emploi localisé (ZI, port).
La zone industrielle de Yopougon marque par ailleurs un jalon dans l’étape du développement économique de la Côte d’Ivoire, avec une production (agroalimentaire, habillement, matériaux de construction, etc.) désormais destinée à un marché local et régional et non plus aux seules activités d’import/export maritime.
Yopougon était donc bien plus qu’une simple extension périphérique de la ville, mais considérée en partie comme une entité autonome. Elle était également destinée à être le lieu par excellence où la classe moyenne ivoirienne alors naissante allait pouvoir s’épanouir, par opposition ou complément au Plateau, vitrine internationale verticale, moderne et métropolitaine4.